Wifredo LAM (1902-1982)

Peintre cubain dont la renommée internationale n’a pas connu d’éclipse, Lam est l’initiateur d’une peinture métissée qui allie le modernisme occidental et le symbolisme africain. Aimé Césaire qui fut son ami a souligné combien Lam est à la fois épris de liberté, inventant son langage propre afin de « défendre la dignité de la vie » mais également enclin à observer les problèmes de la réalité contemporaine pour mieux les affronter, ajoutant qu’il sait mieux que personne : « peindre le drame de son pays, la cause et l’esprit des Noirs ».

Si Lam « c’est aussi l’âme de son temps, un combat pour la justice et la libération des opprimés », il veut être de son temps en côtoyant les mouvements d’avant-garde, le cubisme, le surréalisme et le mouvement Cobra, parce qu’ils favorisent l’accès à l’inconscient, explorent le merveilleux et le transcende jusqu’à l’automatisme graphique.

Peintre de l’eau, de l’air, du vent, de la lumière vivante, « Son dessin est en parfait accord avec sa peinture… il indique les volumes, les valeurs, les tons et suggère la couleur.  Depuis son décès, il y a trente ans, Lam n’a pas fait mentir l’affirmation de Picasso, c’est bien un grand peintre doublé d’un poète qui a su se faire une place à part en un siècle déjà amplement fourni en artistes d’exception.

Lam-Composition-1953

Wilfredo Lam
"Composition" 1953
Aquarelle et encre, 47 x 61cm

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BIOGRAPHIE

1902 : naissance à Cuba de Wilfredo Oscar de la Conception Lam y Castillan, huitième enfant d’un couple ayant une grande différence d’âge et d’origine, le père est un Chinois originaire de Canton, commerçant et fin lettré, la mère est une mulâtresse descendant d’Espagnols et de Noirs du Congo déportés. On peut dire que le décor d’une partie de l’œuvre de Lam est planté dans cet acte de naissance, au confluent du catholicisme, du culte des ancêtres lié à son père Chinois et de la santeria, où se mêle les traditions africaines.


1916 : Lam et une partie de sa famille s’installent à La Havane.


1923 : il reçoit une bourse et part à 21 ans en Espagne où il séjournera 14 ans. Auparavant, il a pris la nationalité cubaine, qu’il revendiquera toute sa vie, alors qu’il était chinois par sa filiation. C’est une période fondamentale dans sa formation. A Madrid, il entre en contact avec les idées et les mouvements de l’art moderne et étudie au Prado les grands maîtres, Velázquez et Goya. Il découvre des corrélations surprenantes entre l’art occidental et l’art dit « primitif », en particulier au contact de Gauguin.


1936 : il s’engage aux côtés des Républicains aux débuts de la guerre civile et travaille dans une usine d’armement. Il veut pratiquer une peinture qui soit « une proposition générale démocratique pour tous les hommes ».


1938 : Lam quitte l’Espagne pour Paris où sa rencontre avec Picasso est décisive. Il fréquente aussi Braque, Matisse, Miro, Léger, Eluard, Leiris, Tzara, Kahnweiler, Zervos.


1939 : rencontre avec Pierre Loeb, propriétaire de la Galerie Pierre à Paris, qui organise sa première exposition individuelle. Peu avant l’arrivée des allemands, Lam quitte Paris comme ses amis surréalistes (Pierre Mabille, René Char, Max Ernst, Victor Brauner, Oscar Dominguez, André Masson) et se retrouvent chez d’André Breton à Marseille. Lam y travaille et réalise notamment une série de dessins à l’encre, annonciateurs des figures hybrides qu’il développera ensuite.


1941 : de retour à Cuba, Lam approfondit ses recherches en les ressourçant au monde de son enfance et de sa jeunesse. Sa sœur Eloisa dont il est proche l’informe de façon très précise des rituels afro-cubains.
Il affirme son style dans l’enrichissement de la culture afro-cubaine et peindra plus d’une centaine de toiles, dont la Jungla, faisant de cette période la plus productive de sa carrière. Expositions aux Etats-Unis  à l’Institute of Modern Art de Boston, au MOMA de New York et à la Galerie Pierre Matisse.


1946 : Lam séjourne en Haïti et assiste à des cérémonies vaudous en compagnie de Pierre Mabille et André Breton. Il se rend ensuite à New York où il revoit Marcel Duchamp


1947 : le style de Lam évolue. L’influence de l’art océanien se combine à celle de l’art africain et la présence d’éléments ésotériques se fait plus dominante. Son travail gagne une reconnaissance internationale, avec la publication dans des revues prestigieuses, ainsi qu’avec des expositions aux Etats-Unis, en Haïti, Cuba, France, Suède, Angleterre, Mexique, Moscou et Prague.


1952 : il s’installe à Paris l’année du coup d’état de Batista à Cuba.


1963 : dans cette période d’intense activité, il voyage beaucoup, va se remarier avec une jeune artiste suédoise, Lou Laurin et peint des toiles monumentales, totémiques ou mythiques. Il reçoit un accueil triomphal après la révolution castriste qui l’accueille en héros. Il produit également beaucoup de gravures, notamment pour illustrer des albums de ses amis poètes (Aimé Césaire, André Breton, René Char, Edouard Glissant, Michel Leiris…).


1966 : il peint pour le palais présidentiel de la Havane un tableau magistral intitulé « Le Tiers monde ». Il expose un peu partout dans le monde au cours de cette fin des années 60 où il est célébré lors de nombreuses manifestations (Dokumenta de Kassel, Biennale de Venise).


1978 : alors qu’il travaille dans l’atelier milanais de Giorgio Upiglio, il est terrassé par une attaque cérébrale. Bien qu’à moitié paralysé, il continue de créer des dessins, des céramiques et des sculptures.


1982 : le 11 septembre, il meurt à Paris et des funérailles nationales sont organisées à La Havane le 8 décembre.