Auguste RENOIR (1841-1919)

Membre du groupe Impressionniste, dont il est l’un des plus illustres représentants, Renoir est aujourd’hui l’une des signatures les plus recherchées. Son génie s’est aussi bien exprimé dans des portraits, des paysages, des marines que des natures mortes et des scènes de genre. Il a néanmoins marqué sa préférence pour les portraits et les nus féminins, y trouvant sans doute là une sensualité en écho à sa palette colorée. Influencé par les fresques italiennes de la Renaissance puis par Fragonard, Courbet ou encore Ingres, ami et admirateur de Monet, Auguste Renoir a évolué vers un style où courbes et volumes servent son dessin autant que la couleur.

Influencé par les fresques italiennes de la Renaissance puis par Fragonard, Courbet ou encore Ingres, ami et admirateur de Monet, Auguste Renoir a évolué vers un style où courbes et volumes servent son dessin autant que la couleur. Peintre prolifique, dont la carrière s’étend sur une soixantaine d’années, Renoir a peint près de six mille tableaux. Une abondance qui ne nuit pas à la valeur de son œuvre, bien au contraire, puisqu’il continue d’être l’un des peintres français les plus côtés.


 


BIOGRAPHIE

1841 : naissance à Limoges, sixième d’une fratrie de sept enfants, son père est tailleur, sa mère couturière, la famille vit chichement.


1844 : dans l’espoir d’améliorer la situation, la famille arrive à Paris où Pierre-Auguste sera scolarisé avant d’être placé comme apprenti dans l’atelier de porcelaine Lévy Frères & compagnie.


1862 : réussit le concours d’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts, se lie d’amitié avec Monet, Bazille, Sisley, qui peignent ensemble en plein air en forêt de Fontainebleau.


1864 : expose avec succès sa première œuvre « L’Esméralda », ce qui ne l’empêche pas de la détruire. Il est sous l’influence d’Ingres, Courbet et Delacroix.


1868 : Zola fait un commentaire très élogieux de « Lise à l’ombrelle » où il a peint le modèle Lise Tréhot qui est sa maîtresse (dont il aura deux enfants). Le reste de la presse est plutôt très critique.


1877 : réalise Le Bal du moulin de la Galette (aussitôt acheté par Caillebotte), il est en pleine période impressionniste, fragmente sa touche, cherche à rendre les effets de lumières au maximum.


1880 : Renoir doute, malgré une certaine reconnaissance, il n'arrive pas à vendre ses tableaux, il décide alors de ne plus exposer avec ses amis impressionnistes et revient au Salon officiel, seule voie possible au succès. Grâce à son portrait « Madame Charpentier et ses enfants », il gagne de l’argent et obtient d’autres commandes. Il recherche les effets de lignes et les contours soulignés. Son nouveau modèle, Aline Charigot que l’on peut admirer dans « Le Déjeuner des Canotiers » devient sa femme (il l’épousera en 1890 et auront trois enfants, Pierre, Jean et Claude, qui feront tous trois carrière dans le cinéma).


1881-83 : nombreux voyages, en Algérie, en Italie, où il s’interroge sur la finalité de l’impressionnisme avant de rompre avec ce mouvement. Il sent qu'il est arrivé au bout de l’expérience, qu'il veut aller vers un art plus intemporel. Renoir conclut que le peintre impressionniste concentre toute son attention sur les jeux passagers de lumière en s’appliquant uniquement à les reproduire, négligeant la densité des choses. En regardant les œuvres de Raphaël et les fresques de Pompéi, Renoir se rend compte que la couleur n’y règne pas en maîtresse, qu’elle n’est qu’un moyen. Elle sert à rendre la forme, exprimée par des rapports de tons sans subtilités inutiles, qui par le moyen du modelé disent exactement ce qu’ils ont à dire. Grande leçon que Renoir va appliquer pendant les trente années qui vont suivre. De retour, il passe trois semaines à Marseille, où il rend visite à Cézanne et se confie à lui.


1885 : il entre dans sa période dite Ingresque ou Aigre et présente les « Grandes Baigneuses ». Contours précis, rigueur des formes, couleurs plus froides. Son marchand Paul Durand-Ruel lui demande de renoncer à cette évolution que ses amis désapprouvent. La naissance de Pierre (le futur acteur de cinéma) l’incite à se consacrer à des toiles de maternité.


1891 : voyage en Espagne et séjourne aussi en Bretagne où il côtoie Emile Bernard et Paul Gauguin.


1894 : Vollard rencontre Renoir, c’est aussi la naissance de son troisième fils, Jean (le cinéaste de « La règle du Jeu ») qui lui fait reprendre ses maternités. La nounou de ses enfants, Gabrielle Renard, deviendra un de ses fréquents modèles. Une chute accidentelle près d’Essoyes, village natal de son épouse, où il habite, serait la cause de la dégradation de son état de santé, notamment à cause d’une fracture du bras droit qui aura pour conséquence des rhumatismes déformants.


1903 : s’installe à Cagnes-sur-Mer où le climat est censé lui être bénéfique. Il y fait l’acquisition du domaine des Collettes pour sauver les oliviers menacés d’être abattus. Ce sera sa dernière demeure où il passera ses vieux jours, entouré de l’affection des siens tout en peignant malgré son handicap. Il peint essentiellement des portraits, des nus féminins, des natures mortes. Ses toiles sont chatoyantes de couleurs. Renoir est maintenant un artiste au faîte de sa gloire, comblé d’honneurs, exposé partout en Europe et aux Etats-Unis. Ce qui ne change rien à sa façon de vivre et de peindre, dans cet environnement calme et rustique.


1913 : il découvre la sculpture, alors qu’il souffre des rhumatismes et fait la connaissance de Maillol, qui lui est présenté par le sculpteur catalan Richard Guino, avec qui il collabore jusqu’en 1918.


1915 : sa femme meurt et ses fils, Pierre et Jean, engagés sur le front de la guerre sont grièvement blessés.


1919 : il peint jusqu’à son dernier souffle et aurait déclaré en rendant ses pinceaux à l’infirmière qui le soignait ; « je crois que je commence à y comprendre quelque chose ». Il s’éteint à Cagnes le 3 décembre, des suites d’une congestion pulmonaire. Il est enterré à Essoyes dans l’Aube.

 


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