Simon HANTAÏ

Simon Hantaï, est le troisième enfant d'une famille d'origine souabe, de confession catholique et de langue allemande. Il n'apprendra le hongrois qu'à l'école. Il changera de patronyme en 1938, son père ayant préféré utiliser le patronyme Hantaï, à consonance plus hongroise, en réaction à la politique allemande. Après un diplôme d'ingénieur obtenu en 1941, Hantaï s'inscrit contre toute attente à l'école des Beaux-arts de Budapest. La guerre sera l'occasion de prise de position politique (soutien des russes contre les allemands) et artistique : Hantaï sera arrêté par les Croix Fléchées pour une harangue anti-allemande qu'il tient à l'Ecole des beaux-arts, et contraint de séjourner dans un camp pour artistes.

En 1948, avec sa jeune épouse Zsuzsa Biro, ils décident de quitter la Hongrie. Dans l'attente d'un visa français, le couple parcourt alors l'Italie où Hantaï découvre «Piero della Francesca, Masaccio, la Madonna bleu-noir de Giotto aux Offices». Ils s'installent à Paris à l'automne.


Sa première exposition parisienne a lieu à la galerie (8, rue Saint Julien le Pauvre) en 1950. La suivante a lieu à L'Étoile scellée en 1953. André Breton écrit la préface du catalogue6: «C'est Simon Hantaï, à qui font cortège les êtres fabuleux que son souffle a douées de vie et qui se déplacent comme nuls autres, en ces premiers jours de 1953, dans la lumière du jamais vu.». Mais dès 1955, il rompt avec le groupe surréaliste car Breton n'a rien voulu entendre à propos du rapport entre l'action painting de Jackson Pollock et la théorie de l'écriture automatique.

En janvier 1957, Simon Hantaï critique l'attitude des surréalistes face à l'insurrection de Budapest, notamment la récupération qui en est faîte dans le tract Hongrie, Soleil levant. En mars 1957, il organise une manifestation avec le peintre Georges Mathieu prenant pour prétexte la condamnation par l'Église de Siger de Brabant, adversaire de Thomas d'Aquin (XIIIe siècle). Le groupe surréaliste réagit en publiant Coup de semonce : « Le surréalisme ne laissera pas un cléricalisme fasciste se développer sur le plan théorique, à l'abri des divagations de quelques peintres en mal de gigantisme verbal. »

À partir de 1960, il décline ses abstractions par séries, tantôt très blanches, tantôt ou plus colorées, brutes ou fines, flottantes ou géométriques qu'il poursuit jusqu'en 1974.

En 1966, Simon Hantaï prend la nationalité française.

En 1982, il représente la France à la Biennale de Venise.

Il est le père des musiciens Pierre Hantaï, Jérôme Hantaï et Marc Hantaï.

Son œuvre

Hantaï a parcouru de multiples chemins artistiques (surréaliste, gestuelle, all-over, scripturelle, abstraite,...). A partir de 1960, il invente l'abstraction du « pliage comme méthode ». L'œuvre fascine aussi par le silence qui l'a suivi : en 1982, Hantaï, au faîte de la reconnaissance, cesse de peindre et se retire de la scène artistique jusqu'à sa mort.

Ses œuvres hongroises sont figuratives, porteuses d’influences diverses, principalement de Matisse et des peintres nabis. L'accent n'est guère mis sur les personnages de peu de volume, mais davantage sur les fonds travaillés de giclures, coulures, brossés à grands traits, etc.

« L'œuvre de Hantaï est bien une œuvre au noir, une opération de magie très noire et quelque peu dangereuse [...] Lorsque les monstres aux chairs en haillons, qu'il possédait ou croyait posséder, se saisirent de lui, il vêtit le ciré noir, chaussa les bottes de surhomme et s'en fut [...] gestualiser en l'honneur de la Sainte-Inquisition. »

En 1959, Hantaï invente le pliage : la toile pliée, froissée est imprégnée de couleur puis dépliée. La couleur qui s'est déposée de façon discontinue apparaît en éclats répartis à travers l'espace de la toile faisant jouer sur le même plan les réserves blanches : « Le pliage ne procédait de rien. Il fallait simplement se mettre dans l'état de ceux qui n'ont encore rien vu ; se mettre dans la toile. On pouvait remplir la toile pliée sans savoir où était le bord. On ne sait plus alors où cela s'arrête. On pouvait même aller plus loin et peindre les yeux fermés. »

Source : Wikipédia