Henri-Edmond CROSS (1856-1910)

Originaire du Nord, Cross suit les cours des Beaux-Arts de Lille, puis de Paris. Abandonnant rapidement tout académisme, il se lie dès 1884 avec Seurat, Signac et le groupe des futurs néo-impressionnistes. C’est en 1891 au moment où Seurat disparaît, qu’il adopte véritablement la technique divisionniste. S’installant définitivement dans le Var, près du Lavandou, il donne libre cours à son goût du plein air, son amour de la couleur claire et la pratique de la division du ton. Au fil du temps, il s’affranchit de plus en plus du réel. Il imagine des paysages mythiques, des fêtes païennes, des ondulations de lumière, des flots purs écrasés de soleil, une sorte de paradis panthéiste, suggérant la recherche du bonheur éternel.

Le sujet devient prétexte à de pures harmonies de lignes et de couleurs. Coloriste audacieux, il n’hésite pas à modifier radicalement les couleurs au gré de son imagination. Partagé entre un besoin d’imiter la nature et une volonté de la dépasser, il pousse la richesse chromatique à son paroxysme et influencera Matisse en 1904 dans son travail vers le fauvisme lors de son séjour dans le Midi.

Les dernières expositions qui lui ont été consacrées : en 2008, exposition de cinquante aquarelles à la Galerie de la Presidence, en 2011-12 “Cross et le néo-impressionnisme” au Musée Marmottan-Monet puis au Musée Matisse au Cateau-Cambrésis.

Cross-Etude-pour-Mere-jouant-avec-son-enfant-C-1899-1900

Henri Edmond Cross
"Etude pour Mère jouant avec son enfant" C.1899-1900
huile sur panneau 33 x 24 cm

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BIOGRAPHIE

1856 : naissance d’Henri-Edmond-Joseph Delacroix à Douai.


1866 : le jeune garçon prend ses premières leçons de peinture à Lille auprès du peintre Carolus-Duran, offertes par son oncle le docteur Soins.


1878 : H.E. Delacroix est admis aux écoles de dessin et d’architecture de Lille.


1881 : H.E. Delacroix s’installe à Paris. Il expose pour la première fois au Salon des Artistes Français.


1883 : Delacroix adopte le nom d’Henri-Edmond Cross, afin de se distinguer de son homonyme trop célèbre mais également pour se différencier d’un peintre paysagiste académique de son temps portant le même patronyme que lui. Cross fait son premier séjour dans le Sud de la France, à Monaco, où son oncle possède une villa.


1884 : Cross participe à la fondation du Salon des Indépendants où il rencontre Seurat, Signac, Angrand, Dubois-Pillet…Ce Salon représente un acte audacieux, en proposant aux artistes d’exposer « sans jury ni récompense ». Il demeurera un fidèle participant de cette manifestation. Cross y envoie à cette époque des toiles de facture impressionniste.


1886 : le critique d’art Félix Fénéon, ami de Georges Seurat baptise le mouvement « néo-impressionniste ».


1888 : Cross, initié par son ami Signac, réalise ses premiers essais de peinture à l’eau, qui deviennent plus fréquents vers 1895, puis une expression artistique à part entière dans son œuvre à partir de 1903.


1891 : contraint par une maladie rhumatismale qui ira en s’aggravant, Cross s’installe dans le Var à Cabasson, près du fort de Brégançon. Il achète un terrain à Saint-Clair, sur la plage du Lavandou. Après la disparition précoce de Seurat, il adopte la technique divisionniste et réalise sa première grande composition néo-impressionniste, Le portrait d’Irma Clare en robe de bal (Paris, musée d’Orsay). Première femme d’Hector France, auteur et journaliste, elle épousera Cross en 1893. Le couple n’eut jamais d’enfant.


1892-1894 : en étroite amitié avec Paul Signac, qui s’installe sur le conseil de Cross à Saint-Tropez, le peintre réalise de grandes compositions symbolistes en appliquant la technique divisionniste, notamment L’Air du Soir (Paris, musée d’Orsay). Cette toile majeure fut exposée au Salon des Artistes Indépendants de 1894 où Signac l’acheta.


1895 : cette année correspond à un tournant dans le processus créatif de Cross et de Signac. Libérés du dogmatisme divisionniste de Seurat, les deux peintres libèrent leurs touches et emploient des couleurs plus audacieuses et vives.


1898 : Cross effectue un voyage à Marseille avec Signac. Le peintre belge néo-impressionniste Théo Van Rysselberghe s’installe dans une maison proche de celle de Cross, à Saint-Clair.


1899 : année de terribles maux physiques pour Cross. Le peintre participe à une importante exposition de toiles néo-impressionnistes à la galerie Durand-Ruel, à Paris. Deux ans plus tard, le célèbre marchand Ambroise Vollard lui achètera neuf toiles.


1903 : Cross voyage à Venise où il réalise de nombreuses aquarelles et plusieurs grandes compositions, peintes à son retour à Saint-Clair. Il s’agit de la période la plus féconde de l’artiste qui donne libre cours à son lyrisme et à son expression paysagère en personnalisant sa touche. L’année suivante, il est fréquemment visité par ses amis peintres, notamment Matisse, Marquet, Camoin et Puy.


1905 : cette année consacre l’œuvre de Cross, qui bénéficie d’une importante exposition personnelle à la galerie Druet, à Paris. Le nombre des aquarelles y égale celui des huiles.


1907 : Félix Fénéon, devenu directeur de la galerie Bernheim-Jeune, organise une grande exposition réunissant une majorité d’aquarelles. Le catalogue est préfacé par le peintre symboliste Maurice Denis, grand admirateur de Cross.


1908 : second voyage de Cross en Italie (Toscane) et séjour à Antibes.


1910 : disparition d’Henri-Edmond Cross, le 16 mai, des suites d’un cancer. Il est enterré au Lavandou où son ami Van Rysselberghe réalise le médaillon en bas-relief de sa tombe.


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