Jean HELION (1904-1987)

Né à Couterne, en Normandie, Jean Hélion fait des études d’architecture à Paris. Dès 1920, il s’oriente vers l’abstraction géométrique en se liant à Mondrian, Léger, Calder.

En 1930, il fonde le groupe Abstraction-Création avec Arp, Herbin, Delaunay, Gleizes, Kupka... Après un premier séjour aux Etats-Unis, en 1932, il devient l’un des acteurs importants de l’abstraction et expose à New York.

En 1939, il abandonne les compositions abstraites et se tourne vers la figuration avant de rejoindre l’armée française.

De retour aux Etats-Unis, à partir de 1942, il est à nouveau exposé à la Galerie Paul Rosenberg et à la Galerie de Peggy Guggenheim, dont il a épousé la fille, Pegeen. Mais son évolution vers la figuration déroute le public qui ne le suit pas dans cette voie figurative.

Ces œuvres deviennent un émerveillement devant les choses du quotidien et sont celles d’une explosion de couleurs acides.

Les Galeries Renou et Colle, Louis Carré et Karl Flinker l’exposent fréquemment. Plusieurs rétrospectives, le Grand Palais en 1970, ou Pompidou en 2004 lui ont rendu hommage.

En 2011, la Galerie de la Présidence lui a consacré une exposition « De l’abstraction à la figuration (1926-1946) », réunissant cinquante aquarelles. Il est aujourd’hui considéré comme le précurseur des figuratifs des années 80.

 

Jean Hélion
"Figure" 1938
aquarelle 32 x 24 cm

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Helion-Composition-1932

Jean Hélion
"Composition" 1932
aquarelle 25 x 20 cm

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Helion-Equilibre

Jean Hélion
"Equilibre"
aquarelle 19,5 x 27,5 cm

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Helion-Pegeen-54-1946

Jean Hélion
"Pegeen" 54, 1946
aquarelle 29,4 x 22 cm

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Helion-Composition-1939

Jean Hélion
"Composition" 1939
aquarelle 24 x 31 cm

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Hélion, Composition abstraite, 1935

Jean Hélion
"Composition abstraite" 1935
aquarelle 27 x 37,5 cm

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Hélion, Composition, 1936

Jean Hélion
"Composition" 1936
aquarelle 30 x 22,3 cm

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BIOGRAPHIE

1904 : naissance de Jean Hélion en Normandie.


1923 : abandonne l’architecture pour se consacrer à la peinture.


1926 : héberge Torrès-Garcia qui lui fait découvrir la peinture moderne.


1929 : réalise ses premières abstractions géométriques et sa peinture devient un art abstrait pur. S’installe à Montparnasse. Côtoie Arp, Giacometti, Calder et Mondrian dont il admire la rigueur. Rencontre Van Doesburg, peintre et fondateur du mouvement De  Stijl ; il fonde avec lui le groupe Art Concret qui prendra en 1931 le nom d’Abstraction-Création. Ce groupe rassemblera les meilleurs représentants de l’art abstrait entre les deux guerres : Arp, Herbin, Delaunay, Gleizes, Kupka, Valmier… Fait la connaissance d’Ozenfant, Max Ernst, Marcel Duchamp. Commence à rédiger « Les Carnets » : des réflexions sur « l’esprit technique, philosophique et artistique » de la peinture, qu’il poursuivra jusqu’en 1984, et que Maeght Editeur publiera en 1992 sous le titre Journal d’un peintre.


1932 : exposition galerie Pierre Loeb, Paris (puis en 1938). Rencontre Christian Zervos, directeur de la galerie Cahiers d’Art. Se lie d’amitié avec Mondrian, Arp et Giacometti. Premier séjour aux Etats-Unis. Epouse Jean Blair en Virginie.


1933 : dans sa peinture apparaissent des éléments de plus en plus complexes qu’il appelle des « Equilibres ». Deuxième séjour aux Etats-Unis avec Calder à New York et en Virginie. Une source d’inspiration commune transparaît dans les « Equilibres » d’Hélion et les « Mobiles » de Calder. Devient l’un des acteurs les plus importants de l’abstraction et une figure éminente de la vie artistique new yorkaise. Fait l’objet de nombreuses expositions personnelles.


1934 : rencontre Pierre-Georges Bruguière qui restera un ami et un soutien jusqu’au terme de sa vie, et qui collectionnera Hélion, Arp, Giacometti, Léger et Miro.Théoricien éloquent, écrit, publie, fait des conférences pour légitimer l’art abstrait. Est le leader de la deuxième génération de peintres abstraits. Diffuseur influent des idées d’avant-garde, est régulièrement consulté par les musées américains et anglais dans le cadre de leurs achats. Mondrian lui dit : « Au fond, vous êtes un naturaliste », et Meyer Shapiro, critique d’art clairvoyant, ajoutera en 1936 : « A travers l’art abstrait, vous cherchez un chemin qui vous ramène à la nature ».


1935 : les « Equilibres » vont se transformer progressivement en « Figures », personnages abstraits qui annoncent le retour à la figuration à partir de 1939 : membres cylindriques, têtes sphériques…


1936 : exposition Valentine Gallery, New York (puis 1937-38).


1937 : exposition Museum of Art, San Francisco (puis 1943 et 1946).


1939 : dernière composition abstraite « Figure tombée » (MNAM- Pompidou). « L’abstraction prit la forme d’un écroulement dans un espace » écrit-il. Cette toile marque la fin de sa peinture abstraite. Peint sa première toile figurative « Au cycliste » (MNAM- Pompidou) et la série des têtes au chapeau (Emile – Edouard – Charles). Fidèle à ses convictions, quitte les Etats-Unis pour prendre part à la guerre. Peggy Guggenheim lui achète sa première toile.


1940 : prisonnier, s’évade d’un camp en Poméranie.


1942 : rejoint les Etats-Unis. Ecrit le récit de sa captivité et de son évasion : « They shall not have me » (best seller).


1943 : nombreuses expositions aux Etats-Unis dont la plus prestigieuse à la galerie Art of this Century créée par Peggy Guggenheim à New York, qui présente tous les artistes européens : Ernst, Léger, Mondrian… Peint son premier « Homme au parapluie » et« Défense d’ ». Nouvelle version des Hommes au chapeau. Fait la connaissance de Pegeen (fille de Peggy Guggenheim) qu’il épousera en 1945.


1944 : peint les gens et la vie quotidienne : Allumeurs, Fumeurs, Filles aux cheveux jaunes, Porteuses de parapluie, Salueurs... Plusieurs expositions à la galerie Paul Rosenberg à New York. Le retour à la figuration est totalement incompris par un public qui s’enthousiasme pour les peintres de l’école de New York. Les premiers peintres américains modernes exposent avec Pollock, de Kooning, Rothko, Motherwell… Exposition Baltimore Museum of Fine Art.


1946 : retour définitif en France. Ses nouveaux thèmes : nus accoudés, couple au parapluie…


1947/48 : peint « A rebours », une œuvre majeure (MNAM-Pompidou), toile-clé qui résume sa démarche antérieure et annonce l’avenir : les journaliers, les égoutiers, les mannequins, les citrouilles,… la symbolique des objets inquiétants. Exposition galerie Renou et Colle, Paris.


1951 : période dite « D’après nature » : chrysanthèmes, pains…


1953 : « Que vais-je peindre ? Tout simplement : la Vie de mon temps » écrit-il. Peint « L’Atelier », tableau très réaliste. Achète une maison à Belle-Ile.


1954/60 : nombreux portraits de sa femme Pegeen. Séjours à Belle-Ile où il va régulièrement travailler. Se sépare de Pegeen. Peint « Le Grand Luxembourg ».


1960/62 : s’intéresse aux instruments de musique et aux toits de Paris. Exposition galerie Louis Carré, Paris (puis 1979, 1987 et 1990). Achète à Bigeonnette, près de Chartres, une propriété comportant un grand atelier.


1963 : mariage avec Jacqueline Ventadour. Fréquente les Halles, peint « Monument pour un boucher » (MNAM-Pompidou).


1964 : exposition galerie Yvon Lambert, Paris : Trente ans de dessins. Exposition Gallery of Modern Art, New York.


1965 : The Leicester Gallery, Londres.


1967 : peint “Triptyque du Dragon”, une analyse de la rue avec tous les personnages de son passé. S’intéresse au Cirque d’Hiver.


1968 : peint « Triptyque de Mai » (MNAM-Pompidou), d’après les événements de mai 68. A partir de cette date, sa palette s’illumine et devient de plus en plus colorée et contrastée. Sa peinture s’exprime avec la plus grande liberté.


1970/71 : exposition « Cent tableaux 1928-1970 », Grand Palais, Paris. Exposition itinérante « 40 ans de dessins 1930-1970 » organisée par le Centre national d’art contemporain, Paris.


1973 : peint les choux de son potager de Bigeonnette.


1974 : peint « Triptyque du Marché » : étals, fripiers,… Début d’une intense collaboration avec la galerie Karl Flinker qui durera jusqu’en 1985 (nombreuses expositions). Parution du livre de Daniel Abadie : Hélion ou la force des choses.


1976 : « Triptyque du 11 novembre » exposé à la Biennale de Venise. A Belle-Ile, peint : homards, mareyeurs. Peint : travaux des rues, passants, pissotières…   


1979 : peint « Parodie grave aux chevalets ». Exposition Pinacothèque nationale, Athènes. Peintures et dessins 1929-1979, Musée d’Art et d’Industrie, Saint-Etienne et Musée d’Art Moderne, Strasbourg.


1979/80 : 40 ans de dessins : exposition itinérante en Europe organisée par le MNAM-Pompidou.


1980 : Rétrospective Hélion, Palais des Beaux-Arts, Pékin, ShangaÏ, Nanchang.


1982 : Tableaux 1929-1987, Musée National d’Histoire et d’Art, Luxembourg.


1984/85 : Jean Hélion, abstraction et mythologie quotidienne, Städtische Lenbachhaus Galerie Munich, rétrospective Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Fondation Gulbenkian Lisbonne.


1986 : Homage to Jean HELION , Fondation Peggy Guggenheim, Venise.


1987 : atteint de cécité dans les dernières années de sa vie, il meurt à Paris.


2004 : parution du livre de Philippe Dagen : Hélion.


2004/05 : Jean Hélion, MNAM-Pompidou, Museu Picasso Barcelone, National Academy
Museum New York.


2010 : Shangaï Art Museum présente Hélion aux côtés de Warhol et Baselitz dans le cadre de l’Exposition universelle de Shangaï.


2011 : Paris, Galerie de la Présidence, De l’abstraction à la figuration (1926-1946), exposition de cinquante aquarelles.


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