Albert GLEIZES (1881-1953)

Travaillant dans l’atelier de dessin sur tissu de son père, Albert Gleizes est très tôt attiré par la peinture ; il voue alors une grande admiration aux impressionnistes. Il expose en 1901 à la Société nationale des Beaux Arts à Paris, puis en 1903 au Salon d’Automne dont il est bientôt nommé sociétaire. Engagé dans un cubisme cézannien, il se lie avec Henri le Fauconnier et Jean Metzinger en 1909 et fréquente dès sa formation le groupe de Puteaux qui réunit entre autres Duchamp, Léger, Kupka, Picabia dans l’atelier de Jacques Villon.

Il expose en 1911 avec les Cubistes au 27e Salon des Indépendants. Il publie en 1912 avec Metzinger le livre « Du Cubisme », et participe à plusieurs salons à Moscou et à New York. Envoyé au front puis démobilisé en 1915, il épouse Juliette Roche et s’installe avec elle à New York où ils resteront jusqu’en 1918. Soucieux d’un renouveau spirituel, il se retire en Ardèche en 1923 et publie l’année suivante « La peinture et ses lois. Ce qui devait sortir du Cubisme » où il essaie d’élaborer, à partir de l’expérience religieuse du Moyen-Age, une théorie esthétique objective et transmissible.

Membre fondateur du groupe Abstraction-Création en 1931, Albert Gleizes cherche à inscrire le mouvement dans sa peinture et associe les plans en fonction du cercle chromatique. Les cercles font leur apparition dans ses tableaux, souvent surajoutés à des œuvres antérieures, formant notamment de nombreuses figures en gloire caractéristiques de cette période. Installé près de Saint-Rémy-de-Provence en 1939, il conçoit une série de grandes œuvres non-figuratives qu’il qualifie de « supports de méditation » et entreprend en 1949-1950 d’illustrer les Pensées de Pascal.