Albert MARQUET (1875-1947)

Ce grand maître du paysage, dans l’esprit le plus purement français, fut d’abord un enfant timide et myope, dont se moquaient ses camarades. Sa peinture reflètera sa sensibilité calme et fervente. Il rencontre Matisse en 1890 à l’Ecole des Arts Déco, puis entre aux Beaux-Arts dans la classe de Gustave Moreau. Matisse, Manguin et Camoin deviennent ses amis fidèles.

En 1905 il expose au célèbre Salon d’Automne, avec les fauves et cette même année il entame sa série des quais de Paris, toiles hardiment brossées, aux cernes épais, qui tirent parti de deux ou trois couleurs violemment contrastées ou savamment estompées, et constituent, par leur audace, la période dite fauve de l’artiste. Sa vie est rythmée par les voyages, avec une prédilection pour l’Afrique du Nord et Alger en particulier, où il fait connaissance de sa femme, Marcelle Martinet, en 1920.

L’art de Marquet est fait de justesse et de sobriété. Ses aquarelles, tout comme ses  toiles, ont la fermeté de celui qui sait condenser l’essentiel, occulter le superflu. Il a le sens de l’équilibre et du poids des choses.

Grand peintre de l’eau, sous tous ses aspects, rivières ou océan, on est saisi par l’authenticité de l’émotion dégagée. Il sait trouver l’effet dans la moindre ébauche et on a pu dire que chaque étude de Marquet était un tableau et que chaque tableau gardait la spontanéité d’une étude.

Qu’il peigne le Vésuve ou la baie de Naples, son regard est nouveau, d’une grande et naturelle modernité.
La renommée de Marquet n’a cessé de grandir avec le temps. C’est aujourd’hui un Maître incontesté de la peinture française.

 

CITATIONS

« On ne serait trop admirer l’extraordinaire pouvoir de simplification de Marquet dans ses ports marins ou fluviaux. Avec une sûreté incomparable, l’artiste sait réduire un paysage à ses éléments essentiels, en dégager les lignes expressives, en exclure les détails inutiles. » L’œuvre de Marquet, François Daulte, Fondation de l’Hermitage, Lausanne, 1988.

« Son art est d’une remarquable continuité. Il abandonne rapidement les audaces timides de sa période fauve, pour n’en conserver qu’un goût pour une certaine simplification des formes. Par son sens de la mesure qui s’exprime tant dans ses compositions que la délicatesse de l’atmosphère de ses œuvres, il s’inscrit dans la lignée des grands paysagistes français. » Les Sources du XXe siècle, Jean Cassou.

« Son art de peindre est nouveau, moderne, nous proposant une vision singulière, une très particulière domination optique du monde. Le monde ainsi regardé est du règne de l’eau… Marquet fait partie de cette classe d’artistes dont les qualités ne frappent pas d’emblée, tant il est passé maître dans le style qui exige la propriété des signes et la réduction à l’essentiel de ce que la nature offre en ordre dispersé. » Albert Marquet, journal de bord en Méditerranée, Jean-Paul Monery, conservateur de l’Annonciade, Musée de Saint-Tropez, 2001.

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Marquet (37) Les toits noirs à Audierne, 1928

Albert Marquet
"(37) Les toits noirs à Audierne", 1928
huile sur toile 50 x 61 cm

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Marquet, Rouen, le pont Boïeldieu et le quai de Paris, 1912

Albert Marquet
"Rouen, le pont Boïeldieu et le quai de Paris" 1912
huile sur toile 65 x 81 cm

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Marquet-dessin-a-la-plume-de-bambou

Albert Marquet
"dessin à la plume de bambou"
dessin à l'encre 18,5 x 28,5 cm

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BIBLIOGRAPHIE : ALBERT MARQUET (1875-1947)

  • 1894 Marquet entre à l’École des Beaux-Arts, élève de Gustave Moreau où il rencontre ses meilleurs amis : Matisse, Manguin, Camoin.
  • 1905 Expose au Salon d’Automne dans le groupe de la « Cage aux Fauves » avec Camoin, Derain, Manguin, Matisse et Vlaminck.
    Marquet commence à peindre les thèmes qui lui seront chers tout au long de sa vie :
    Quai des Grands-Augustins – Quai du Louvre – Quai Saint-Michel…
    Séries peintes à toutes les heures et par tous les temps.
    Paysages épurés, d’une grande modernité, centrés sur l’essentiel avec des angles d’observation novateurs.
    Edward Hopper
    a été profondément influencé par les vues des quais de Seine de Marquet (plusieurs toiles de Marquet ont été présentées à la rétrospective Edward Hopper au Grand Palais en 2013).
  • 1907 Exposition à la Galerie Druet qui remporte un vif succès.
    Les célèbres  collectionneurs russes Chtchoukine et Morozov achètent d’importants tableaux de Marquet, Matisse et Picasso qui figurent aujourd’hui au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg et au Musée Pouchkine  de Moscou.
  • 1908 Marquet s’installe quai Saint-Michel, face à Notre-Dame, dans l’ancien atelier de Matisse jusqu’en 1930.
  • 1914 Après un séjour au Maroc, Matisse et Marquet vont s’installer à Collioure puis à Marseille.
  • 1920 Premier voyage à Alger où il rencontre sa future femme, Marcelle Martinet. Il passera tous ses hivers en Algérie ou en Tunisie jusqu’en 1946.
  • 1921 Voyage à La Chaume, port des Sables-d’Olonne où il retournera en 1933.
  • 1926 Séjour de plusieurs mois à Hendaye.
  • 1931 S’installe rue Dauphine avec vue sur le Pont Neuf.
  • 1936 Séjour  de 3 mois à Venise où Marquet est le « principal exposant à la Biennale de Venise, section française ».
  • 1940-1945 Les époux Marquet se réfugient à Alger.
  • 1946 Marquet regagne Paris et retrouve la Seine, « son seul fleuve français ».
  • 1947 Décède le 14 juin et repose au cimetière de La Frette-sur-Seine.


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