Frantisek KUPKA (1871-1957)

Après de brillantes études à Prague, Kupka s’intéresse au spiritisme et gagne sa vie comme médium. Il s’inscrit ensuite à l’Académie de Vienne (1892), rejoignant les cercles théosophiques, et se partage entre portraits et symbolisme. Après un voyage à Londres et en Scandinavie, il émigre à Paris en 1896, et s’installe à Montmartre, près de son compatriote Mucha. Il prend des cours à l’Académie Julian et à l’Ecole des Beaux-Arts (1897), participe à l’Exposition universelle de 1900, parmi les autrichiens. Au début du siècle, il envoie des dessins au journal satirique « L’Assiette au beurre ».

En 1906, Jacques Villon le convainc de s’établir, comme lui à Puteaux. La même année, il rencontre son frère Marcel Duchamp. D’abord influencé par l’impressionnisme et la palette d’Odilon Redon, Kupka passe au fauvisme et à l’expressionnisme, puis à l’orphisme, et participe à la Section d’or. Il suit également avec intérêt les dernières découvertes scientifiques contemporaines. Partant de touches de piano, il aboutit à une peinture par plans verticaux. Vient ensuite la série de compositions Autour d’un point  (1911) et les Disques de Newton. Sa première exposition personnelle a lieu à Paris en 1922, alors qu’il est nommé professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Prague. L’année suivante, il publie son ouvrage théorique principal, « La Création dans l’art plastique ».

En 1926, il rencontre Van Doesburg et publie « Quatre histoires de blanc et noir », album de gravures sur bois ; en 1931 il adhère à Abstraction-Création. Après une série de tableaux sur le thème des machines (vers 1927), la musique lui en inspire d’autres, dont Jazz Hot n°1 (1936).

En 1951, il signe son premier contrat avec la Galerie Louis Carré. Son rôle de pionnier de l’abstraction sera pleinement reconnu après sa mort, grâce à des expositions d’envergure, dont la rétrospective organisée en 1958 par le musée national d’art moderne de la ville de Paris. Il est le maître de l’orphisme, terme inventé par Apollinaire pour caractériser le lyrisme purement chromatique des couleurs. Kupka était persuadé que la peinture devait être aussi abstraite que la musique.