Aristide MAILLOL (1861-1944)

Né à Banyuls près de Perpignan. Rentre à l’Ecole des Beaux-arts de Paris en 1885. Inscrit à la section peinture et sculpture, il a pour maîtres Jean-Paul Laurens, Gérôme et Cabanel. N’ayant pour toute ressource qu’une maigre subvention obtenue du Conseil général du département des Pyrénées Orientales, il habite un grenier et vit dans la misère. Il se lie d’amitié avec Bourdelle qui l’héberge souvent parmi les siens. Vite lassé par l’enseignement dispensé à l’Ecole, il commence à s’intéresser à la tapisserie et reçoit les encouragements de Gauguin.

En 1895, des problèmes de vue l’obligent à abandonner la tapisserie et à se consacrer exclusivement à la sculpture. Il devient l’ami des Nabis, qui se réunissent chez lui et dont il conservera l’amitié toute son existence. Vollard organise en 1902 sa première exposition personnelle qui suscite l’admiration de Mirbeau et de Rodin.

En 1903, Maillol s’installe à Marly-Le-Roi définitivement. Grâce à l’initiative de Rodin, le comte Harry Kessler, riche collectionneur allemand, rencontre Maillol en 1905 et devient son mécène. Simultanément, l’artiste connaît un grand succès au Salon d’Automne où La Méditerranée est exposée : André Gide, Maurice Denis et Henri Barbusse l’acclament. Dès lors, Maillol est consacré.

Après la guerre de 14-18, il reçoit de nombreuses commandes officielles dont un monument à Debussy en 1930 et un autre à Cézanne, qui sera installé dans le jardin des Tuileries. Parallèlement à son œuvre de sculpteur, Aristide Maillol mène jusqu’à sa mort en 1944 une intense activité d’illustration. (Lithographies, gravures sur bois et bois gravés). Cette œuvre dessiné est particulièrement riche, l’artiste ayant presque toujours refusé de sculpter d’après modèle, préférant utiliser une multitude de croquis pris sur le vif. Pour comprendre la genèse des statues de Maillol, il faut consulter ses dessins et surtout ses petits carnets. Les dessins marquent le cheminement de sa pensée, révèlent la progression de sa recherche. Chaque sculpture est précédée d’une série de notes sur nature : geste, attitudes, mouvement qu’il épure et simplifie œuvre après œuvre.

Le dessinateur a besoin de la couleur surtout au moment où la lumière devient plus déterminante dans la manière où elle enveloppe et glisse sur des formes toujours plus épurées : « Je tâche de faire blond, comme les sculptures d’Olympie, sans accent, en maintenant l’ensemble dans le même ton. Je cherche la lumière, mais je veux qu’elle repose simplement sur la sculpture, comme elle se pose sur un mur. On dit que je vais de plus en plus vers la lumière. »

André Gide ne se trompe pas lorsqu’il voit en Maillol l’inventeur du silence dans la sculpture. Il suffira à Brancusi ou Arp de polir plus encore ces surfaces lisses pour atteindre des volumes abstraits, une nouvelle représentation des formes, libre de toutes significations. Rompant avec l’académisme de la sculpture, Maillol a découvert la puissance du corps féminin dont il fera le vocabulaire de toute son œuvre.
En 1964 Dina Vierny offre à l’Etat 18 sculptures pour les jardins du Carroussel du Louvre et, en 1995, ouverture du Musée Maillol à Paris.

Maillol-9-femme-nue-debout

Aristide MAILLOL
"(9) femme nue debout"
sanguine 38 x 25 cm

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