Louis VALTAT (1869-1952)

Comme plusieurs de ses contemporains, Louis Valtat entre en 1887 dans l’atelier de Gustave Moreau, creuset de la formation de nombreux peintres, où il rencontre Matisse et Marquet. Il fréquente également l’Académie Julian où Sérusier y transmet les principes de Gauguin sur la couleur pure. Il sympathise avec Bonnard, Maurice Denis et Vuillard. Valtat est ainsi mêlé au groupe des nabis et, même s’il n’y adhère pas, il fournit des dessins pour la revue L’Omnibus de Corinthe (1897) et participe avec Toulouse-Lautrec aux décors du Chariot de terre cuite, légende hindoue mise en scène par Lugné-Poe (1895). Il part à Banyuls et Collioure où il croise Maillol.

Valtat-fleurs-circa-1900

Louis VALTAT
"Fleurs" circa 1900
huile sur panneau 24 x 33 cm

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Son installation dans le Midi en 1899 le met en relation avec Cross, Signac et Renoir chez qui il séjourne en 1900. Cette même année, Renoir présente son ami à son marchand, Vollard, qui a lancé Cézanne. Valtat est un fauve avant l’heure ce qui justifie le pressentiment du marchand Vollard, qui lui acheta la quasi-totalité de ses toiles.

Les premières œuvres de Valtat reflètent la diversité de ces contacts. Après une période impressionniste, il emploie la couleur en grosses touches divisées. Mais soucieux de synthèse, il utilise parfois des cernes pour délimiter ses personnages, comme dans le groupe de Pont-Aven, Les porteurs d’eau à Arcachon, 1897. Abandonnant peu à peu le divisionnisme pour le dessin, tout en gardant l’usage des couleurs pures, il présente dès le premier Salon d’Automne de 1903 des peintures que l’on a pu qualifier de fauves. Mais l’on fait ainsi de Valtat le singulier précurseur d’un mouvement auquel il n’a jamais pleinement participé. S’il expose cinq toiles dans la « cage » du Salon d’Automne en 1905, il réalise des œuvres intimistes, et se détourne du Fauvisme peu après son apparition pour retourner à une peinture plus proche de celle des Néo-impressionnistes.

Ce parcours entre plusieurs mouvements sans aucune adhésion à une école révèle la forte personnalité de Louis Valtat. Sa peinture assimile harmonieusement les éléments de divers mouvements, sans jamais tourner à la systématisation. Cet équilibre et cette mesure définissent peut-être au mieux la manière de cet artiste.

A partir de 1940, il peint surtout des natures mortes. En 1948, il perd la vue (glaucome) ce qui met un terme à sa carrière, il meurt quatre ans plus tard. Peintre post-impressionniste au tempérament très indépendant, il fut expressionniste dix ans avant les fauves et n’a jamais cherché à s’inscrire dans un mouvement.